Candidat aux primaires d'Europe Écologie Les Verts pour les législatives de 2012

De e-glop
Révision datée du 1 décembre 2011 à 20:46 par BeTa (discussion | contributions)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)

À Quimper, le 9 novembre 2011

Si je propose aujourd'hui ma candidature aux élections législatives de 2012 au sein d'Europe Écologie Les Verts pour la circonscription 29-1, c'est pour retrouver l'esprit d'ouverture et de rassemblement qui a animé en 2009 la campagne des Européennes.

Un parcours

À 30 ans, je suis militant écologiste de longue date. Après un projet personnel ambitieux de lieu de vie poly-autonome, j'ai participé à la campagne de Kemper Écologie à Gauche de 2008 en regrettant par la suite le manque de dialogue entre les élus, les militants et les sympathisants. Malgré un bon résultat de premier tour, je suis persuadé que la manière dont a été conduite et menée la négociation avec le PS lors des municipales a contribué à affaiblir l'Écologie Politique localement. Sur la gestion de l'eau, la qualité de l'alimentation, l'emploi, l'urbanisme, l'énergie et probablement sur les transports c'est un échec. Même si j'en conviens, il est encore trop tôt pour tirer le bilan écologique de cette mandature et qu'une élection législative, n'est pas une élection locale, je suis convaincu que l'on ne peut plus dissocier la parole nationale des actes qui sont conduits localement.

Redonner goût au débat public

Pour moi, la politique doit, par la manière dont sont organisés les débats d'idées et de faits, redonner goût au débat public, redonner goût à l'engagement collectif. L'Écologie Politique est une force qui doit renforcer la démocratie sinon elle trahie son projet et son histoire. C'est d'ailleurs, par exemple, pourquoi la question de la sortie du nucléaire est une question fondamentale et n'est pas seulement un débat énergétique.

La personnalisation, la notabilisation, le cumul des mandats, la dégénérescence professionnelle de gens qui vivent de la politique, aspirent à en vivre, ou font carrière en politique est à l'opposée des idées que je me fais de la politique. De plus, le culte de l'homme ou de la femme providentielle est totalement inefficace pour faire face à une réalité complexe à laquelle nous sommes confrontés. Cela déresponsabilise le citoyen, cela infantilise l'élu, tirant le débat public vers le bas. Si l'on ne veut pas que les institutions nous transforment, nous devons renforcer le fonctionnement démocratique interne pour faire d'Europe Écologie Les Verts un espace accueillant, ouvert, divers où chacun a les mêmes droit, quelles que soit son niveau d'implication.

De la société civile à EELV

Dans le prolongement de mon engagement militant notamment sur le sujet du changement climatique, après l'échec de la conférence de Copenhague, j'ai participé activement à la création Europe Écologie Les Verts, en veillant à ce qu'elle reste une force ouverte et que la liste aux élections régionales ne se réduise pas a un accord entre les Verts et l'UDB.

Notre engagement clair sur les choix énergétiques et agricoles en Bretagne ne nous a pas permis de trouver un accord avec un PS car régionalement inféodé à l'agro-industrie. Le choix de la majorité régionale de participer financièrement à l'aéroport de Notre Dame des Landes est totalement à l'opposé des orientations en terme d'aménagement du territoire que nous défendons. L'abandon de ce projet doit rester pour nous une priorité politique au plan fédéral pour participer à une majorité.

Les élections régionales ont permis de bien faire la différence entre un compromis et une compromission, et place bien EELV comme une force politique autonome.

Une aspiration à une réelle démocratie

Dans le cadre de mon mandat au Conseil Fédéral d'EELV, je m'oblige à faire un Compte-Rendu personnel risqué, permettant à l'ensemble des membres bretons d'avoir un niveau d'information qui atteigne celui de l'expérience. Mais il faut bien le reconnaître la dynamique d'ouverture et de rassemblement de 2009 c'est quelque peu essoufflée, alors même que cette année a été marquée par la tragédie de Fukushima et le réveil des peuples partout dans le monde. A titre d'exemple, le mouvement récent Occupy Wallstreet et l'adhésion qu'il a suscité dans la société américaine, marque un basculement d'époque.

Nous rentrons dans une période politique aujourd'hui mouvementée incertaine qui nous oblige à changer de regard, à sortir des clivages idéologiques qui n’ont aujourd’hui plus aucune signification. De sourdes menaces totalitaires sont présentes (fussent-elles légitimées aux nom de la crise écologique, de l’épuisement des ressources), la remise en cause des libertés civiles sont à l'ordre du jour, l'état de droit est menacé, la liberté éditoriale de la presse ne trouve d'espace que sur Internet, la répression policière est le quotidien des mouvements sociaux. Partout en Europe la jeunesse est confrontée à l'économie de la rente et se construit un mode de vie dans la précarité.

Le rôle politique des mouvements sociaux

Attachés aux libertés, ce sont des mouvements de jeunes qui ont structuré l'opposition au flicage de l'internet (loi hadopi), les succès électoraux des partis pirates européens en témoignent. C'est tout une génération jusqu'alors silencieuse qui s'est mise en mouvement partout en Europe et ailleurs à travers les mouvements des Indignés, Occupy, etc.

Gauche morale contre gauche gestionnaire ?

Si je suis candidat aux législatives c'est pour éviter l'enfermement mortifère pour la démocratie entre une gauche morale et une gauche gestionnaire. C'est pour sortir d'une stratégie politique uniquement tournée à construire un rapport de force avec le PS, occultant le fait que l'Écologie Politique est un projet politique à vocation majoritaire qui s'adresse à toute la gauche et à toute la société. C'est ouvrir des perspectives politiques à des forces sociales et éviter qu'elles ne s'enferment dans un ailleurs, justifiant une répression policière, conduisant a légitimer la violence. C'est poursuivre ensemble ce travail d'ouverture vers une société morcelée, c'est refuser de ce résigner à accepter que les générations futures vivront plus mal que les nôtres. C'est garder la perspective que de nouvelles libertés et de nouveau droits sont à conquérir.

Un signal envoyé à une société qui se remet en mouvement

La candidature que je vous propose est donc une candidature qui, au-delà des élections, est un signal envoyé à une société qui se remet en mouvement en devenant actrice et promotrice de ses propres changements concrets. J'y mets l'espoir qu'elle puisse contribuer à changer la politique en réfutant le concept de "gauche morale" contre "gauche gestionnaire".

Parce que tout est à faire, parce que j'ai le sentiment que c'est maintenant et ici, et parce que ne rien faire serait intolérable... Je vous remercie déjà de votre attention pour avoir lu ces quelques lignes.

Baptiste SIMON